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Les vertus du Vieux Cartable. Conte de Noël de Roger Cavalié
2 janvier 2014

Il était une fois un vieux cartable, prisonnier dans une malle, au fond du grenier d’une petite ferme de Sauvagnas.

Il appartenait à Estérina, venue d’Italie avec sa famille, en 1925, à l’âge de quatre ans. Son sac d’écolière lui avait porté chance : à onze ans elle avait été reçue première du canton de Laroque-Timbaut au Certificat d’Études et, destinée aux travaux des champs, elle avait relégué son cartable dans ce coin obscur de la maison d’où elle ne l’avait libéré que dix ans plus tard pour le confier à son fils aîné, Roger Cavalié, devenu en âge d’aller à l’école communale.

Comme il l’avait fait pour la mère, le vieux cartable allait porter chance au fils qu’il a accompagné pendant toute sa scolarité et lorsque Roger Cavalié s’est retiré de la vie active, il s’est souvenu de ce compagnon de route de ses jeunes années au point d’en faire le titre d’un roman, Le Vieux Cartable, paru aux Éditions De Borée en septembre 2013.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là : les pouvoirs bénéfiques du vieux cartable ont continué d’agir. Jugez-en par vous-même :

Nous sommes le 26 octobre dernier à la librairie Martin-Delbert d’Agen, où Roger Cavalié a été invité à dédicacer son roman Le Vieux Cartable.

L’auteur est là, debout près d’un élégant petit bureau en bois de rose sur lequel s’empilent une vingtaine d’exemplaires de son roman Le Vieux Cartable. Il invite les clients qui pénètrent dans l’immense librairie à s’arrêter un instant pour feuilleter le livre ou lire la synopsis présentée dans un porte-visuel.

Surviennent deux dames relativement âgées, le visage éclairé d’un charmant sourire qui efface bon nombre de leurs années. Elles s’assoient sans façon devant la petite table et demandent tout de go à acheter un livre.

— Monsieur Cavalié, vous voudrez bien nous le dédicacer, s’il vous plaît ?

— Avec plaisir, Mesdames.

— Ce n’est pas pour nous, c’est pour une amie.

— Voulez-vous me préciser son prénom, sil vous plaît ?

— Marguerite.

— Habite-t-elle à Agen ? s’enquiert l’auteur afin de personnaliser sa dédicace

— Non Monsieur. Elle est en maison de retraite à Anglet. Et figurez-vous que vous la connaissez !

— ?

— Elle a 99 ans et toute sa tête ! Nous lui avons dit : « Madame, nous allons vous offrir un livre écrit par Roger Cavalié » et elle s’est aussitôt exclamée : « Ce petit-là, c’est moi qui lui ai appris à lire !!! ».

L’émotion noue la gorge de l’ancien petit élève de cette grande dame. Il se concentre en vain sur la formulation d’une dédicace appropriée et, pour ne pas laisser paraître son trouble, se réfugie dans le registre humoristique :

— Vous pourrez lui dire qu’elle m’a également appris à écrire.

— Nous le lui dirons, soyez sans crainte !

— Où réside-t-elle ?

— À la résidence Arpège à Anglet. Pourquoi ? Vous allez lui téléphoner ? Vous savez, ça lui ferait plaisir.

Roger Cavalié a tout fait pour écourter l’entretien, non par ennui mais par crainte de ne pouvoir maîtriser cette vague d’émotions qui le submergeait.

Il venait de retrouver la trace de sa première institutrice qu’il n’avait pas revue depuis 60 ans et qu’il croyait bel et bien disparue depuis des années !

Quand il a quitté la librairie, sa décision était prise : il irait parler à l’institutrice qui a guidé ses premiers pas d’élève ! Pas au téléphone mais de vive voix.

Le 16 décembre, il s’est rendu à Anglet où il a vécu des heures d’un bonheur intense en présence de celle qui lui a appris à lire et à écrire ; il lui a offert son roman avec une dédicace que l’ancienne maîtresse d’école a lue – sans utiliser de lunettes – avant de formuler professionnellement son appréciation : « Je suis contente, tu as écrit une belle dédicace, je la montrerai à mes copines de la maison de retraite. »

Roger Cavalié lui a répondu : « Vous lirez aussi les 488 pages de ma dissertation et lorsque je reviendrai, dans 6 mois, fêter vos cent ans, je prendrai connaissance de vos appréciations et de la note que vous m’aurez attribuée. »

Puis, Roger Cavalié a repris le chemin de Montauban, bien conscient qu’ il venait de vivre un merveilleux conte de Noël.


Une réponse  
Elhachemi
30 janvier 2019

Bravo Roger ,bravo s êtes dans le coeur de beaucoup d enfants des Encalyptus,de la mitidja proche d Elharrach,l émotion de vous avoir retrouver est indéfinissable
Vous nous sorti de la gadoue,appris la rigueur,le travail et la joie dans la réussite…
C est une merveilleuse histoire

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