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« La chambre de derrière. Pechbonnieu 1940-1944 » Laurent ROBENE
18 Nov 2019

La chambre de derrière

Aucun historien régional n’a mentionné Pechbonnieu comme un lieu notable de la résistance. Et pour cause : personne n’en a parlé. Ni les villageois eux-mêmes, qui ont peut-être évoqué entre eux à la veillée les faits de résistance de leur village, mais sans leur donner davantage d’écho, ni les acteurs principaux. Et pourtant, de 1940 à 1944, sans discontinuité, une famille du village a hébergé et caché plusieurs dizaines de Juifs (enfants ou adultes), de réfractaires au STO, de résistants, de parachutistes anglais et même des déserteurs de l’armée nazie. Chez eux, on imprimait des tracts, on organisait des transferts vers les Pyrénées et l’Espagne, Edgar Morin et Clara Malraux organisaient le MRPGD (Mouvement de Résistance des Prisonniers de Guerre et Déportés) en R4 (région toulousaine). Et toutes ces activités se faisaient avec le silence complice de toute la population. Personne n’a jamais dénoncé ces actes clandestins aux autorités. Au cours des années 80, Clara Malraux et Edgar Morin ont pourtant mentionné en plusieurs écrits leurs passages et séjours dans cette maison de Pechbonnieu. A partir de ces évocations, de recherches bibliographiques et dans divers fonds d’archives, le petit-fils de cette famille, a pu reconstituer la vie de ce village pendant cette période. Ces recherches ont abouti à la publication du livre « La chambre de derrière », Laurent Robène, Editions l’Harmattan, novembre 2018, avec une préface d’Edgar Morin. .A la fin de la guerre, les époux Robène se sont séparés, puis ont divorcé et aucun des deux n’a jamais fait état de ses activités de résistant pour obtenir quelque récompense, chacun est resté silencieux. Ils ont été reconnus « Justes parmi les Nations » par le comité Yad Vashem en mai 2018.

Au fil des pages, le lecteur sera plongé dans la vie quotidienne des familles d’un village sous le régime de Vichy d’abord, puis sous l’occupation à partir de novembre 1942. Et il ne manquera pas de repérer les deux thèses qu’avance et soutient l’auteur. Tout d’abord, bien que la famille d’accueil de Pechbonnieu n’ait été enregistrée dans aucun mouvement de résistance (en quelque sorte, ils étaient « free lance »), le refuge abritait des personnes provenant de plusieurs réseaux ou mouvements. L’auteur a pu établir qu’au moins 4 organisations différentes utilisaient l’abri de Pechbonnieu. D’autre part, ce livre démontre que tout le village était au courant de ces activités, des commerçants aux paroissiens, du maire (ou plutôt le président de la délégation spéciale) à l’institutrice. Même le délégué cantonal de la Milice a fait silence.

Le livre est en vente à la librairie Chaumerliac à Moissac et sur commande dans toutes les bonnes librairies. Il est également présent sur tous les sites de vente en ligne.

La chambre de derrière Pechbonnieu 1940-1944, Laurent Robène, L’Harmattan 2018, ISBN:978-2-343-15837-2 . Prix : 21,50€

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