{"id":12100,"date":"2015-02-23T09:28:30","date_gmt":"2015-02-23T07:28:30","guid":{"rendered":"\/7alire\/?p=12100"},"modified":"2017-02-28T14:44:35","modified_gmt":"2017-02-28T12:44:35","slug":"on-les-appelait-les-hirondelles-marie-baulny-cadilhac","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.o-p-i.fr\/7alire\/7-a-lire-actu\/on-les-appelait-les-hirondelles-marie-baulny-cadilhac\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0On les appelait les Hirondelles\u00a0\u00bb. Marie BAULNY CADILHAC"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">\n<figure id=\"attachment_12203\" aria-describedby=\"caption-attachment-12203\" style=\"width: 200px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.o-p-i.fr\/7alire\/wp-content\/uploads\/couv_hirondelles.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12203\" title=\"&quot;On les appelait les Hirondelles&quot;. Marie BAULNY CADILHAC\" src=\"https:\/\/www.o-p-i.fr\/7alire\/wp-content\/uploads\/couv_hirondelles.jpg\" alt=\"&quot;On les appelait les Hirondelles&quot;. Marie BAULNY CADILHAC\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.o-p-i.fr\/7alire\/wp-content\/uploads\/couv_hirondelles.jpg 200w, https:\/\/www.o-p-i.fr\/7alire\/wp-content\/uploads\/couv_hirondelles-150x150.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-12203\" class=\"wp-caption-text\">&quot;On les appelait les Hirondelles&quot;. Marie BAULNY CADILHAC<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">On les appelait les Hirondelles\u2026.<br \/>\nVictoriana, Maria Antonia, Emilia, Felicia\u2026 \u00e9taient des jeunes Navarraises et Aragonaises qui, entre 1880 et 1930, ont quitt\u00e9 leur village pour venir travailler, en Pays basque, dans les fabriques de sandales. On les appelait les \u00ab Hirondelles \u00bb, car comme ces oiseaux, elles revenaient en bande pour la saison.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La migration des Hirondelles<br \/>\n\u2026Aux premiers jours de l&rsquo;automne, apr\u00e8s la r\u00e9colte de pommes de terre, chauss\u00e9es d\u2019espadrilles, leurs affaires rang\u00e9es dans de grands foulards, les jeunes Aragonaises et Navarraises, souvent mineures, abandonnent leur village \u2026 Elles se r\u00e9unissent par bande \u00e0 Isaba, village fronti\u00e8re de la vall\u00e9e de Roncal (Espagne) De bon matin, \u2026 elles gravissent la montagne. Il y a des jours pleins de lumi\u00e8re o\u00f9 le chemin se dessine franchement et les jours brumeux o\u00f9 le sifflet de Juan, le berger secourable, les guide dans le brouillard. Bient\u00f4t, elles arrivent au col d\u2019Ourdayt\u00e9, aux portes de la France. Moments d\u2019angoisse que la descente du col vers les gorges de Kakoueta. Malgr\u00e9 un pied s\u00fbr et une bonne connaissance de la montagne, une chute fatale est toujours possible. La saison augmente les risques du voyage&#8230; Au bout d\u2019un chemin caillouteux et pentu, elles arrivent \u00e0 Sainte Engr\u00e2ce (Pyr\u00e9n\u00e9es-Atlantiques) o\u00f9 les attend, avec une charrette tir\u00e9e par des chevaux, un parent ou un contrema\u00eetre de l\u2019usine, charg\u00e9 de les conduire \u00e0 Maul\u00e9on (Pyr\u00e9n\u00e9es-Atlantiques)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Maul\u00e9on, capitale de l\u2019espadrille<br \/>\n\u2026Au terme du voyage, les Hirondelles sont accueillies par les \u00e9migr\u00e9s d\u00e9j\u00e0 bien install\u00e9s dans les quartiers de la Haute Ville de Maul\u00e9on. Elles occupent r\u00e9duits, soupentes, combles et mansardes, partagent la m\u00eame soupe, le m\u00eame matelas. Des sentiments de solidarit\u00e9 se manifestent dans cette communaut\u00e9 espagnole nombreuse, logeant dans des appartements insalubres. L\u2019arriv\u00e9e massive des Hirondelles provoque un entassement g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 Maul\u00e9on.<br \/>\nChaque immeuble dispose d\u2019un cabinet \u00ab \u00e0 la turque \u00bb pour 18 \u00e0 19 personnes. La  toilette se fait \u00e0 l\u2019eau claire de la fontaine\u2026<br \/>\nLa sobri\u00e9t\u00e9, la frugalit\u00e9 sont les r\u00e8gles de l\u2019alimentation. Les repas sont compos\u00e9s de migas, quelque chose de solide qui cale l\u2019estomac (oignon, piment rouge, ail et pain coup\u00e9 en tranches, revenus dans le suif de mouton fondu dans une po\u00eale)\u2026<br \/>\nCette population, dure \u00e0 la peine, n\u2019a pas recours au m\u00e9decin  Ce n\u2019est qu\u2019en cas de grave maladie, qu\u2019on fait appel \u00e0 lui. Le plus souvent, il ne se fait pas payer\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Conditions de travail<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les conditions de travail n\u2019ont rien \u00e0 envier \u00e0 celles du logement et de l\u2019hygi\u00e8ne. C\u2019est un travail p\u00e9nible au milieu de la poussi\u00e8re \u00e9paisse et du bruit des machines de l\u2019usine. Les femmes sont affect\u00e9es \u00e0 des travaux les moins qualifi\u00e9s, les moins r\u00e9tribu\u00e9s\u2026<br \/>\nDans son t\u00e9moignage, Victoriana \u00e9voque ses journ\u00e9es commenc\u00e9es \u00e0 la filature, poursuivies au tressage dans une autre usine, compl\u00e9t\u00e9es encore par quelques heures suppl\u00e9mentaires. Un court instant lui est accord\u00e9 pour le casse-cro\u00fbte de midi. Victoriana court, court\u2026<br \/>\nLa longueur des journ\u00e9es, la duret\u00e9 du travail n\u2019arr\u00eatent pas les rires et les chansons. Les Hirondelles sont des \u00eatres jeunes, au caract\u00e8re gai. Le soir apr\u00e8s l\u2019usine, pour am\u00e9liorer l\u2019ordinaire, elles se r\u00e9unissent \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, chacune \u00e0 son banc, pour faire ensemble \u00ab le bout et talon \u00bb.<br \/>\nL\u2019\u00e9tude de leurs conditions de vie, les rencontres, la d\u00e9couverte de leurs villages pittoresques et sauvages, m\u2019ont engag\u00e9e \u00e0 leur suite dans la travers\u00e9e de la montagne par les gorges de Kakoueta, cavit\u00e9s myst\u00e9rieuses et f\u00e9eriques, en attendant l\u2019arriv\u00e9e \u00e0 Maul\u00e9on, ville en plein essor, v\u00e9ritable ruche o\u00f9 le travail dans les usines d\u2019espadrilles assurait le pain quotidien.<br \/>\nLe chemin retrouv\u00e9, jalonn\u00e9 de st\u00e8les, parcouru, aim\u00e9, a \u00e9t\u00e9 source d\u2019inspiration et de r\u00e9flexion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Que ces lignes rendent hommage \u00e0 ces femmes de courage !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #003366;\"><em>Publication en 2013 &#8211; Prix : 10 \u20ac <\/em><\/span><\/p>\n<blockquote style=\"text-align: justify;\"><p>Disponible chez l\u2019auteur <a title=\"Lire l'article ... Marie BAULNY-CADILHAC. Biographie\" rel=\"bookmark\" href=\"https:\/\/www.o-p-i.fr\/7alire\/7-a-lire-actu\/marie-baulny-cadilhac-biographie\/\">Marie BAULNY-CADILHAC<\/a><\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div class=\"mh-excerpt\">On les appelait les Hirondelles\u2026. Victoriana, Maria Antonia, Emilia, Felicia\u2026 \u00e9taient des jeunes Navarraises et Aragonaises qui, entre 1880 et 1930, ont quitt\u00e9 leur village pour venir travailler, en Pays basque, dans les fabriques de <a class=\"mh-excerpt-more\" href=\"https:\/\/www.o-p-i.fr\/7alire\/7-a-lire-actu\/on-les-appelait-les-hirondelles-marie-baulny-cadilhac\/\" title=\"\u00ab\u00a0On les appelait les Hirondelles\u00a0\u00bb. 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